L'Assurance Vieillesse des Aidants (AVA), cotiser à la retraite en aidant son proche

L'Assurance Vieillesse des Aidants (AVA), cotiser à la retraite en aidant son proche

L'assurance vieillesse des aidants permet à vos salariés aidants de valider des trimestres de retraite sans cotiser. Conditions d'éligibilité, lien avec le congé proche aidant : tout ce que les RH doivent savoir pour informer et fidéliser.

L’assurance vieillesse des aidants (AVA), entrée en vigueur le 1er septembre 2023, permet aux salariés aidants de continuer à valider des trimestres de retraite sans payer de cotisations, le tout financé par la CAF ou la MSA. Pourtant, il reste très peu connu, y compris des professionnels RH.

Dans cet article, vous trouverez tout ce qu’il faut savoir sur l’assurance vieillesse des aidants : comment elle fonctionne, quels collaborateurs peuvent en bénéficier, et comment vous pouvez jouer un rôle décisif dans leur information, et, in fine, leur fidélisation.

AVA : comprendre ce dispositif qui protège la retraite des aidants

De l’AVPF à l’AVA : une réforme récente aux règles élargies

L’assurance vieillesse des aidants est née de la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale. Entrée en vigueur le 1er septembre 2023, elle remplace et étend l’ancienne assurance vieillesse du parent au foyer (AVPF), qui ne couvrait jusqu’alors que les situations familiales strictes avec obligation de cohabitation.

Avec l’AVA, les règles changent en profondeur :

  • La condition de cohabitation disparaît : le salarié aidant n’a plus besoin de vivre avec la personne aidée ;
  • Le lien de parenté n’est plus exigé : un ami ou un voisin apportant une aide régulière peut désormais être éligible ;
  • Le périmètre s’élargit aux enfants handicapés présentant un taux d’incapacité compris entre 50 et 79 %.

En 2025, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) consacre 453 millions d’euros au financement de l’AVPF et de l’AVA. Un investissement public significatif pour un dispositif encore trop peu connu.

Combien de trimestres l’AVA permet-elle de valider ?

Concrètement, l’assurance vieillesse des aidants permet de valider jusqu’à 4 trimestres de retraite de base par an, dans la limite de 24 trimestres sur l’ensemble d’une carrière. Ces trimestres comptent pour l’obtention du taux plein et pour le calcul de la pension.

Les cotisations sont intégralement prises en charge par la CAF (ou la MSA pour les travailleurs agricoles), sans aucun frais pour le salarié aidant. L’affiliation est, dans la majorité des cas, automatique.

💡 À noter : l’AVA génère des droits uniquement pour la retraite de base. Elle ne produit pas de points de retraite complémentaire.

Quels salariés peuvent bénéficier de l’assurance vieillesse des aidants ?

L’éligibilité repose sur deux critères principaux : le profil de la personne aidée et la situation professionnelle du salarié. Trois grands cas de figure existent.

Les aidants d’un proche âgé en perte d’autonomie (GIR 1 à 4)

Votre salarié aide un parent classé en GIR 1 à 4 (bénéficiaire de l’APA) ? Il peut être affilié à l’assurance vieillesse des aidants, à condition d’avoir cessé ou réduit son activité professionnelle et de disposer de ressources inférieures à 63 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit environ 29 673 € en 2025.

Les aidants d’un adulte en situation de handicap

Si la personne aidée présente un taux d’incapacité permanente d’au moins 80 %, reconnu par la CDAPH, et qu’une décision atteste de la nécessité d’une aide humaine, le salarié peut accéder à l’AVA. Depuis 2023, aucun lien de parenté ni cohabitation ne sont exigés.

Les parents d’un enfant handicapé et les bénéficiaires du congé proche aidant

Les parents d’un enfant de moins de 20 ans présentant un taux d’incapacité ≥ 80 %, ou compris entre 50 et 79 % avec un complément AEEH ou PCH, sont éligibles, sans condition de ressources.

Les salariés en congé de proche aidant (CPA) bénéficiant de l’Allocation journalière du proche aidant (AJPA) sont, eux, automatiquement affiliés à l’AVA dès le premier jour indemnisé.

Pour un tableau complet des conditions d’éligibilité, consultez le guide officiel du gouvernement.

Le lien entre congé proche aidant et AVA : ce que les RH doivent maîtriser

Congé proche aidant et AJPA : un double filet de protection

Le congé de proche aidant (CPA) est un dispositif que la plupart des RH connaissent : il permet à tout salarié, sans condition d’ancienneté, de suspendre ou réduire son activité pour s’occuper d’un proche. Pendant les 66 premiers jours indemnisés via l’AJPA, le salarié est automatiquement affilié à l’assurance vieillesse des aidants, ses trimestres de retraite continuent de s’accumuler, sans qu’il ait à débourser quoi que ce soit.

C’est une protection précieuse, souvent ignorée des salariés eux-mêmes.

Après les 66 jours d’AJPA : que se passe-t-il pour la retraite ?

À l’issue des 66 jours indemnisés, si le salarié poursuit son congé (non indemnisé), il peut continuer à bénéficier de l’affiliation à l’AVA. La durée maximale du CPA est d’un an sur l’ensemble de la carrière, sauf accord collectif plus favorable dans votre entreprise.

C’est précisément à ce moment-là que le rôle informatif des RH devient crucial. Sans relais d’information, le salarié risque de ne pas savoir qu’il peut maintenir ses droits retraite même durant cette période non indemnisée.

4 actions concrètes pour que les RH jouent leur rôle sur l’AVA

Convaincu(e) ? Voici comment passer à l’action dès maintenant.

1. Identifier les salariés potentiellement éligibles Sans intrusion dans la vie personnelle, il est possible d’évaluer le nombre probable de salariés aidants à partir des données démographiques de l’entreprise (âge, situation familiale…). Un diagnostic ciblé permet de rendre visible un enjeu souvent silencieux.

2. Intégrer l’AVA dans votre communication RH Newsletter interne, intranet, guide des droits des salariés, webinaire thématique : créez une culture ouverte autour de l’aidance, où le collaborateur ose se manifester sans crainte d’être jugé.

3. Former les managers de proximité Ce sont souvent les premiers interlocuteurs d’un salarié en situation d’aidance. Leur apprendre à orienter vers les bons dispositifs, dont l’assurance vieillesse des aidants, est un investissement à faible coût et fort impact.

4. S’appuyer sur une plateforme spécialisée Informer, orienter, accompagner les salariés aidants dans la durée : c’est précisément ce que propose elpyoo. La plateforme aide les entreprises à construire une stratégie d’accompagnement structurée, du diagnostic démographique à la mise en œuvre opérationnelle, y compris sur les questions de droits et d’orientation.

💡 Vous souhaitez mettre en place une stratégie aidants dans votre entreprise ? Prenez rendez-vous avec l’équipe elpyoo pour explorer ce que vous pouvez construire dès maintenant.

Questions fréquentes sur l’assurance vieillesse des aidants

L’AVA est-elle automatique ou le salarié doit-il en faire la demande ?

Dans la majorité des cas, notamment pour les bénéficiaires de l’AJPA ou les parents d’enfants handicapés, l’affiliation à l’assurance vieillesse des aidants est automatique. Dans d’autres situations (aidants d’adultes dépendants ou handicapés), une demande auprès de la CAF ou de la MSA est nécessaire. Le salarié peut vérifier sa situation sur pour-les-personnes-agees.gouv.fr.

Un salarié peut-il bénéficier de l’AVA tout en travaillant à temps partiel ?

Oui, sous conditions. L’assurance vieillesse des aidants est accessible aux salariés ayant réduit leur activité, pas uniquement à ceux qui ont totalement cessé de travailler, à condition que leurs revenus restent inférieurs à 63 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (environ 29 673 € en 2025).

L’AVA s’applique-t-elle aussi aux fonctionnaires ?

Pas pour les situations d’aidance d’un proche âgé ou d’un adulte handicapé. Les fonctionnaires, militaires et magistrats dépendent de leur régime spécial de retraite. En revanche, les parents fonctionnaires d’un enfant handicapé peuvent être éligibles selon les cas.

L’AVA ouvre-t-elle des droits à la retraite complémentaire ?

Non. L’assurance vieillesse des aidants couvre uniquement la retraite de base (régime général). Elle ne génère pas de points de retraite complémentaire de type Agirc-Arrco.

Comment aborder le sujet de l’AVA avec un salarié aidant sans être intrusif ?

La clé est de ne pas attendre que le salarié se manifeste. Créez des espaces d’information collectifs, webinaires, guides internes, affichage en espace RH, sans ciblage individuel. Le collaborateur qui se reconnaît dans la situation fera lui-même la démarche. Une plateforme comme elpyoo permet de mettre ces ressources à disposition de façon anonyme et accessible à tous.